La dette fédérale de la Belgique s'élève à

Un baromètre original
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Quinze critères pour définir la pauvreté ?
Le secrétaire d’Etat Jean-Marc Delizée nous présente fièrement son nouvel outil, sobrement intitulé « baromètre interfédéral de la pauvreté ». Un nom bien long pour évoquer un baromètre comptant, justement, quinze critères – soit bien plus que ce qui fut précédemment fait en la matière.
Alors que voici des années que l’on cherche des critères corrects pour se faire une idée de la pauvreté, alors que les économistes libéraux disent depuis longtemps que la pauvreté est extrêmement difficile à calculer, alors que celle-ci est loin d’être évidente à définir, voici le gouvernement doté d’un baromètre à utilité électoraliste, composé de critères malléables à souhait.

Non fiabilité des statistiques relatives à la pauvreté
Pour illustrer la non-fiabilité des statistiques relatives à la pauvreté, prenons trois exemples : le premier éprouve un taux de pauvreté défini par rapport à un « panier de la ménagère », le second un taux de pauvreté défini par rapport à un pourcentage du revenu médian, le troisième un taux de pauvreté défini par rapport à un pourcentage du revenu moyen.
(a) Imaginons un pays de trois habitants dont le seuil de pauvreté est fixé à 10.000 unités monétaires par an, conformément à des études d’experts sur le coût de la vie. Le premier gagne 1.000 par an, le second 9.000 et le troisième 25.000.
L’année suivante, le premier a quadruplé son salaire (soit 4.000 par an), le deuxième a doublé son salaire (soit 18.000 par an), ce qui lui permet de ne plus être pauvre selon les critères gouvernementaux, alors que le troisième voit son salaire baisser de 25.000 à 20.000 par an. On constate directement que les « riches » sont moins riches et les « pauvres » moins pauvres. Et pourtant…
La première année, le revenu moyen des pauvres était de (1.000+9.000)/2 = 5.000 par an, tandis que, l’année suivante, il n’est plus que de 4.000/1 = 4.000 par an. Et donc, par la logique biaisée des statistiques que nous offre l’État, l’on peut conclure que les pauvres se sont appauvris d’une année à l’autre – ce qui est évidemment faux.
(b) Considérons à présent un second système, où le taux de pauvreté est défini par rapport à un pourcentage du revenu médian. C’est celui qui prévaut au sein de la Commission européenne : selon celle-ci, les personnes dont le revenu se situe en-dessous du seuil de 60 p.c. du revenu national médian sont confrontées au risque de pauvreté.
Soit un pays de cinq habitants. Ceux-ci gagnent respectivement 4.000, 5.000, 6.000, 10.000 et 12.000 EUR ; le taux de pauvreté est ainsi fixé à 3.600 (60% de 6000). Personne n’est donc pauvre selon les statistiques étatiques. Néanmoins, si, l’année suivante, le troisième travailleur voit son revenu croître de 3.000 (ce qui porte son total à 9.000), le taux de pauvreté passera immédiatement à 5.400 (60% de 9.000) – rendant par là les premier et second travailleurs « pauvres » selon les critères gouvernementaux alors que leur situation n’a pas évolué négativement.
(c) Peut-être pensez-vous maintenant que ce critère du revenu médian n’est pas le plus adéquat et que celui du revenu moyen conviendrait mieux.
Migrons donc vers un autre pays, tout aussi imaginaire que les précédents, et comptant quatre habitants. Parmi ceux-ci, le premier gagne 2.000 par an, le second 3.250, le troisième 4.750 et le quatrième 10.000. Selon les critères gouvernementaux, le seuil de la pauvreté est de (2.000 + 3.250 + 4.750 + 10.000)/4 x 60% = 3.000 par an. Vingt-cinq pourcents de la population est donc pauvre.
L’année suivante, le premier gagne 4.000 par an (+ 2.000), le second 4.000 (+ 750), le troisième 8.000 (+ 3.250) et le quatrième 12.000 (+ 2.000). Selon les critères gouvernementaux, le seuil de la pauvreté est de (4.000 + 4.000 + 8.000 + 12.000)/4 x 60% = 4.200 par an.
Ainsi, alors que le salaire du moins riche a doublé au point de dépasser largement l’ancien index de pauvreté, les statistiques le jugent toujours comme « pauvre ». Ainsi, alors que le salaire du second habitant a augmenté, celui-ci vient gonfler la classe des « pauvres » du pays (dont le taux de pauvreté est désormais de 50 p.c.). Ainsi, alors que tous les salaires augmentent, le Gouvernement considère qu’il y a deux fois plus de pauvres que l’année précédente.

Conclusion : que penser du Baromètre interfédéral de la pauvreté ?
Après avoir démontré que même des considérations salariales ne permettent pas d’obtenir des statistiques fiables, Liberté Chérie s’étonne de voir le Gouvernement enfiler des critères plus cocasses les uns que les autres pour définir la pauvreté. Si même le revenu annuel est un mauvais critère de définition de la pauvreté, que dire alors de la participation à la vie sociale, de la qualité de l’habitation ou du niveau d’étude ?
Selon Liberté Chérie, la multiplication de ces critères n’est mue que par deux buts purement politiciens :
(a) pouvoir gonfler le pourcentage de pauvreté lorsque, au motif d’actions sociales, l’État décidera de taxer encore plus ses citoyens ;
(b) pouvoir faire descendre les statistiques à sa guise lorsqu’approchera une échéance électorale.
Par conséquent, Liberté Chérie demande au Gouvernement de s’attaquer non pas aux statistiques de la pauvreté, mais bien à la pauvreté elle-même, et ce en utilisant des méthodes qui ont déjà fait leurs preuves : moins de taxes et impôts sur les petits et moyens revenus ; moins d’impôts et de taxes sur les entreprises, pour relancer l’économie wallonne et permettre enfin au taux de chômage wallon de s’effondrer.

Ecrit par El Mouhafidi Youness le 18/02/2009 à 17:42:24



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