La dette fédérale de la Belgique s'élève à

Y a-t-il un libéral dans la salle ?

declaration des droits de l homme 1789

À lire les déclarations de ces derniers jours, nul ne peut plus occulter la crise identitaire qui traverse le MR. Entre les partisans d’un « libéralisme social », les défenseurs d’une ligne « populaire » et les derniers dinosaures « réformateurs », il est difficile de tracer une ligne convergente. Les Estivales du Mouvement Réformateur, ce samedi, devraient offrir l’occasion à tous de s’exprimer sereinement sur le travail de refondation à accomplir après la récente défaite électorale.

Pour les observateurs politiques comme pour les orthodoxes gardiens de la doctrine, il faut toutefois se rendre à l’évidence : le MR n’a plus rien de libéral, si tant est qu’il ait un jour eu l’audace de s’en revendiquer ouvertement. Les réformateurs ne réforment rien. Bien au contraire, ils acceptent comme une évidence la régulation des libertés économiques, ils encouragent l’intolérance et la discrimination, oubliant par là même l’essence de leur philosophie.

La prise de position de certains mandataires MR sur la burqa est éclairante. Interdire le port d’un vêtement pour des considérations de sécurité publique, c’est nier les fondements de la liberté. Vouloir imposer certaines valeurs au détriment de celles soi-disant portées par une communauté majoritaire, c’est jouer le jeu des ayatollahs de la pensée. Il est symptomatique de constater qu’en avançant des arguments opposés à l’interdiction de la burqa, Henri Goldman — un intellectuel de gauche — défend bien mieux les idées libérales que Christine Defraigne ou Denis Ducarme.

Il faut aussi souligner l’absence quasi totale de pédagogie durant la dernière campagne électorale. Tandis que la gauche se répandait dans les médias pour conspuer la crise « libérale », combien de libéraux dignes de ce nom se sont-ils levés pour expliquer calmement que la finance figurait parmi les secteurs les plus régulés au monde ? Que des lois votées par les membres du Congrès, sous différents gouvernements américains, ont contribué à fausser le jeu du libre marché immobilier aux Etats-Unis ? Quel libéral a tenté d’expliquer clairement aux électeurs que les garde-fous mis en place par différents gouvernements belges ont tous échoué à prévoir une crise que des économistes prestigieux — et libéraux — avaient annoncée avec un demi-siècle d’avance ?

Comme il eut été facile de retourner les slogans socialistes en s’appuyant sur les faits ! Mais à l’exception d’une ou l’autre sortie timide, aucun élu du Mouvement Réformateur n’a osé critiquer la version socialiste. La campagne électorale s’est jouée en dessous de la ceinture, alors que les citoyens aspiraient justement à davantage de pédagogie.

Ce rendez-vous avec la vérité, le MR l’a manqué. Il ne suffit pas, pour gagner une élection, d’attendre que l’adversaire trébuche. Il faut au contraire faire preuve d’une insolente fierté face aux idées que l’on défend. Or, les faits démontrent que personne, dans les rangs du MR, n’a défendu les véritables idées libérales. C’est probablement ce qui explique sa défaite dans les urnes.

Voilà pourquoi, au nom des hommes et des femmes attachés à l’idéal libéral et libertarien, Liberté Chérie appelle les dirigeants du MR à abandonner toute référence à l’utopie libérale. Le libéralisme, cette philosophie engagée dans une lutte interminable contre les formes de coercition, aura tout à y gagner.

 

Ecrit par Olivier Defourny le 04/09/2009 à 16:43:32


Ce qui est relativement désagréable dans ce genre d'articles, c'est le ton outrancier qui, aux yeux de ceux qui ne sont pas des intellectuels libréaux (c'est-à-dire 99% de la population) les discrédite automatiquement. Dire que le MR "n'a plus rien de libéral" est évidemment absurde. Dire que "personne, dans les rangs du MR n'a défendu les idées libérales" est proprement insultant. D'accord sur le fait que la campagne aurait du être plus constructive et plus pédagogique. Ce qui est d'autant plus frustrant parce que le Centre Jean Gol a publié, dans les semaines précédant les élections 6 ouvrages qui prônaient des solutions authentiquement libérales (et pas socio-démocrates) sur l'enseignement, l'emploi, l'énergie, la crise financière, la culture et le sport. Vous ne les avez probablement pas lus. Mais il est vrai que le parti aurait du les publiciser davantage.
Ecrit par Corentin de Salle le 07/09/2009 à 14:51:51
Je trouve que la conclusion de cet article est tout à fait grotesque: vous incitez le MR à abandonner toute référence à l'utopie libérale. C'est évidemment stupide. Quelle force politique serait-elle encore en mesure de faire face aux trois partis de gauche ? Les 15 libertariens de la blogosphère bruxelloise (et encore je suis généreux quand je dis quinze) qui, la plupart du temps, s'abritent sous des pseudos et ne sont lus que par eux-mêmes ? Croyez vous que la rédemption libérale germera comme par miracle ? Non. Si vous voulez faire oeuvre utile, il faut passer par ce que Hegel appelait "l'humilité de l'engagement" et tenter d'influencer les militants, les décideurs à l'intérieur du MR (sans oublier évidemment le reste de la population). Cela se fait par des articles, des conférences, des discussions. Surtout et avant tout avec des gens qui ne pensent pas comme vous.
Ecrit par Corentin de Salle le 07/09/2009 à 14:52:41
Cela implique aussi de se documenter sur les politiques publiques menées depuis des décennies et voir en quoi elles peuvent être infléchies dans une direction libérale plutôt que de tout rejeter en bloc dans une ivresse dogmatique et idéologique. C'est long, c'est ingrat, c'est moins confortable que d'ironiser du haut du balcon mais c'est la seule façon de faire en sorte que le libéralisme soit autre chose qu'une utopie. C'est très bien de s'instituer gardien de l'orthodoxie mais je pense qu'être libéral, c'est aussi être pragmatique. La question à se poser quand on discute, comme vous, de la légitimité à se revendiquer du libéralisme est la suivante: qu'avez-vous fait - concrètement - pour faire avancer sa cause et diffuser ses idées au sein de la population ? Libéralement, Corentin de Salle
Ecrit par Corentin de Salle le 07/09/2009 à 14:53:09
D'accord avec Corentin de Salle sur la conclusion : reprocher au MR de ne pas être (assez) libéral pour ensuite l'inciter à ne plus se revendiquer du libéralisme, ce n'est pas très cohérent. Et sur un plan stratégique, ce n'est pas productif. "qu'avez-vous fait - concrètement - pour faire avancer sa cause et diffuser ses idées au sein de la population ?" Un article dans Le Soir qui évoque notamment la crise financière d'un point de vue authentiquement libéral :-) Plus généralement, on peut faire avancer les idées libérales notamment au sein du MR mais c'est loin d'être la seule façon de le faire.
Ecrit par AuH²O le 07/09/2009 à 20:54:06
Corentin, Merci pour vos remarques. Je vous ai répondu par mail. Bien à vous, Olivier
Ecrit par Olivier le 07/09/2009 à 23:10:34
On doit toujours juger un parti sur son action politique concrète, sur ses résultats. Or, les faits démontrent que les dirigeants du MR ont en réalité abandonné toute référence aux idées libérales !
Ecrit par Emmanuel Spirlet le 07/09/2009 à 23:35:27
c'est clair que le MR n'a plus grand chose de libéral ...
Ecrit par augustin le 08/09/2009 à 13:16:19
A lire votre philosophie on peut comprendre que vous êtes dangereux , que vous pronez dans vos positions qui ont prouvé leur inefficacité , capitalisation pour les retraites , le dernier accident prouve le contraire . Vendre le social , merci pour la paupérisation qui est déjà largement en route .Et pour la burqua bravo pour les libertés des femmes , il ne s'agit pas d'abord de sécurité publique il s'agit de tolérer l'intolérable au nom d'une liberté mal , très mal comprise . Vous osez écrire que la finance est parmi les secteurs les plus régulés au monde , erreur et illusion , ce ne sont que des apparences , un faux corset où se meut un corps cupide , sans foi ni loi .Le MR n'a pas perdu pour ne pas avoir défendu les vraies idées libérales , c'est faux d'écrire cela .Le MR a perdu pour avoir outrageusement conspué l'adversaire et ses affidés se sont rebellés pour le protéger ...
Mais Corentin de La Salle ne vaut pas mieux avec ses écrits extravagants et ce n'est pas ce brillant intellectuel qui permettra au MR de progresser . Hélas la population préfère "Papa" , elle lui ressemble et c'est moins frustant pour elle que de lire la prose du centre intellectuel du MR , insidieusement la population réalise ce que pourrait représenter un pouvoir libéral telle que vous le pronez et comme le fait le MR
en avancant masqué .Le MR n'a jamais été un parti social et ne le sera jamais à moins d'une révolution de palais . C'est l'humain qui doit être au centre de l'action politique et certainement pas l'économique au premier plan .
Ecrit par flupke le 08/09/2009 à 18:00:04
@ flupke

"capitalisation pour les retraites"

Même les socialistes au pouvoir au Chili ne remettent pas cette réforme en cause.

"finance parmi les secteurs les plus régulés au monde, erreur et illusion"

Renseignez-vous et vous verrez que si.

"un pouvoir libéral telle (sic) que vous le prônez et comme le fait le MR (sic)"

Nous comparer au MR n'est pas très sérieux.
Vous pouvez fantasmer sur le masque du MR si ça vous chante; sachez en tout cas que nous n'y croyons pas (à notre plus grand regret).

"C'est l'humain qui doit être au centre de l'action politique et certainement pas l'économique au premier plan"

C'est ce que nous pensons. Malgré ce que croient ceux qui ne connaissent le libéralisme qu'à travers des idées reçues, celui-ci est avant tout une morale, puis une philosophie de la vie en société découlant de cette morale, et enfin seulement une doctrine économique découlant de cette morale et de cette philosophie.

Cf. la conférence de J. de Guénin (synthétisant son livre "Logique du libéralisme"): http://www.liberte-cherie.be/flash.php?article=38
Les pages Wikipedia et Wikiberal consacrées au "libéralisme" peuvent aussi être utiles aux personnes qui souhaitent approfondir leur connaissance de ce courant de pensée.
Ecrit par Olivier le 08/09/2009 à 19:00:48
Bon sang mais l'économie c'est quoi?
C'est la somme des actions des hommes!

Brimer l'économie revient à brimer les hommes. Voler l'argent du travail des hommes revient à les faire travailler pour le voleur. Tuer l'économie revient à tuer l'innovation et l'entreprise humaine!

Vouloir contrôler l'économie c'est vouloir contrôler l'Homme. Et ceux qui le font sont souvent des gens qui ne croient pas en l'aventure humaine. Des gens qui ressortent souvent "L'Homme est un loup pour l'Homme".

Sachez, Flupke, que j'ai infiniment plus d'estime que vous pour les individus peu importe qui ils sont et le genre humain.
Ecrit par El Mouhafidi Youness le 08/09/2009 à 22:40:54
Au passage, il y a une erreur dans l'article: Claude Demelenne s'est fendu d'un droit de réponse dans le courrier des lecteurs du Soir de ce mardi. Il indique qu'il s'était prononcé contre le port de la burqa et que nous avons dû le confondre, lui, avec Henri Goldman.
Ecrit par El Mouhafidi Youness le 08/09/2009 à 23:43:45

Nom :
Mail (invisible) :
Message :