510, c’est le nombre de tués par an sur les autoroutes wallonnes.
Pour remédier à ce problème, l’Etat a pris de grandes décisions pour la rentrée afin de passer sous la barre des 500.
40 millions de contrôles de véhicules sur autoroutes, 15 millions sur routes communales, 20% des conducteurs seront soumis à l’éthylotest, chaque agent contrôlera 575 automobilistes par an à propos de la ceinture, ... Quelle merveilleuse batterie de moyens déployés; signes d’une dette couramment creusée par l’appétit électoral des politiciens.
Concrètement, nous observons une volonté du politique d’instaurer la conduite en état de sobriété, ce qui est tout à fait louable car une personne sous substances psychoactives, à l’exception du tabac, peut ne pas être seule à assumer les conséquences de ses actes et représente donc un danger pour autrui.
Par contre, on sera davantage étonné de constater un renforcement du port de la ceinture de sécurité. En effet, il n’implique que l’individu qui l’utilise et est donc une forme d’assurance pour celui-ci. On ne peut pas forcer quelqu’un à se préserver, bien que ce soit quelque chose de profitable. Cette personne en a tout autant conscience que nous et si elle choisit malgré tout l’absence de ceinture; l’y forcer serait liberticide et s’opposerait donc au principe de liberté-responsabilité.
Le plus alarmant, en fait, est la très forte recrudescence de contrôles radars. C’est probablement une des plus fortes mesures liberticides poussée par l’appât du gain facile en cette période de difficulté budgétaire (voire d’absence de budget, en fait) et renforcé par une campagne d’abrutissement des masses. Pascal Salin, à propos des limites de vitesses, ressort d’ailleurs régulièrement que si l’on peut se permettre d’aller aussi vite aujourd’hui, c’est parce qu’on a les freins qui vont avec cette vitesse. Il est inadéquat de la part du politique, de penser qu’il y a évolution technologique mais qu’il n’y a pas à adapter le code de la route conséquemment.
Si la vitesse était si dangereuse, nos amis allemands n’auraient-ils pas, depuis longtemps, revus leurs règles en imposant une vitesse maximale? Au contraire, en Allemagne, on compte 4,1 tués sur les autoroutes par an et par milliard de véhicules x km contre 7,5 en Belgique (chiffres officiels datant de 1998. Il n’y a pas d’étude comparative officielle plus récente) ou encore la France, limitée à 130 sur autoroute, avec un taux de mortalité sur autoroute de 5,4. Pire encore; notre moyenne européenne du nombre de tués par million d’habitants et du nombre de tués par milliard de kilomètres parcourus est largement plus petite que les moyennes belges alors qu’avec 120 km/h comme vitesse maximale sur autoroute, nous sommes en-dessous de la moyenne des vitesses maximales autorisées de nos voisins européens. Il n’y a donc pas de lien visible entre vitesse maximale et nombre d’accidents mortels sur autoroutes. Aussi, Liberté Chérie pense qu’avec un réseau routier en meilleur état, le politique devrait mettre en place un système de vitesse conseillée sur autoroutes.
On ne détecte donc pas une corrélation stricte entre limitation de vitesse et nombre d’accidents sur les routes.
Mais alors d’où vient le problème? Est-ce le seuil irréductible des maladresses belges?
C’est la Cour des Comptes qui répond à cette question. Elle déclara, en 2008, que la Région wallonne était incapable d’entretenir son réseau routier. Pire encore que malgré le manque de moyens, la lubie des politiciens aux commandes du réseau routier (à l’époque c’était M. Daerden) n’est pas de réparer les routes mais d’étendre encore le réseau routier le plus dense d’Europe et à crédit s’il le faut (j’ai une pensée émue pour les générations futures qui paieront la création et la restauration des routes en même temps).
En avril 2009, après un hiver particulièrement rigoureux qui fit naître des nids-de-poules records sur le réseau routier belge tels que nos voisins n’en ont jamais vus (à croire que notre macadam était vicié ou de très mauvaise qualité mais je n’ose imaginer ça de la part du gouvernement), le généreux ministre Courard, à 2 mois des élections, prit la bonne décision de libérer une enveloppe de 26 millions d’euros pour réparer un réseau routier wallon dévasté. A raison de 49.922 kilomètres de bitume, on en vient à 521€/km. On est très loin de ce qu’il faut pour détruire la couche d’asphalte, aplanir et en replacer une. Au mieux, avec un tel budget, on bouchera quelques nids de poules grossièrement (les demi-trous qui font que lorsque votre voiture passe dessus; la tête de lecture griffe vos CDs sauvagement) et on refera une centaine de kilomètres de bitume en Wallonie.
Il semble clair que ça fait longtemps que le budget de la Région wallonne réservé aux routes est largement dévoré par les aspects « sociaux » et extrêmement coûteux qui passent avant les routes bien que nous cotisions des sommes largement supérieures à ce que demande un péage pour un entretien privé d’une autoroute.
Vu le désintérêt complet du gouvernement pour son réseau, Liberté Chérie demande à l’Etat de cesser les taxes de roulage, les TMC et les accises sur le carburant et de laisser la mise en place d’un marché routier à des entreprises plus compétentes. Elles seront bien plus efficaces et ne focaliseront leur budget que sur le réseau, sans que l’Etat ait son mot à dire. Elles useront probablement du péage, qui est la forme de paiement la plus juste pour un service routier; il ne coûte qu’aux personnes qui empruntent ces réseaux et est proportionnel à la fréquence d’emprunt. La concurrence saine fera le reste afin de garantir un service efficace débarrassé de l’Etat peu soucieux des réseaux autoroutiers wallons, au point de rapprocher ceux-ci de l’état des routes des anciens pays communistes.
Pour ceux ne l’ayant jamais encore fait, essayez cette sensation grisante de passer de la Belgique à la Hollande ou à l’Allemagne; au moment où l’on voit le panneau frontalier, la sensation de conduite est tout à fait différente et la surprise vraiment agréable.
Ainsi, Liberté Chérie préconise de cesser cet acharnement contre le citoyen et de mettre en place un système qui offrira des routes décentes et sécurisantes en investissant dans des revêtements de qualité, en cessant d’étendre un réseau déjà suffisamment étendu, en consacrant spécifiquement aux routes un budget reprenant l’ensemble des impositions subies par les usagers. A terme, Liberté Chérie soutient la mise en concurrence d’entreprises privées pour la gestion du réseau autoroutier wallon.