La dette fédérale de la Belgique s'élève à

Victoire des républicains ; les alliés de l'ombre

Initialement, ce texte devait être une carte blanche mais les éditions du lendemain étaient déjà bien remplies vu la quantité d’informations à traiter sur les midterms. Dès lors, ce texte est publié sur notre site dans la partie "articles" et non pas "communiqués de presse".

Le mouvement Tea Party, peu connu chez nous car peu médiatisé, a été le socle de cette écrasante victoire républicaine. Enfin républicaine est vite dit.

En effet, les Tea Parties qui ne possèdent aucun chef, aucune structure, qui ne sont qu’un mouvement décentralisé de gens sont aussi des rassemblements réguliers et très hétéroclites qui ont vu quelques personnalités émerger et permis à quelques politiques de faire de la récupération surtout dans le camp républicain.

A l’origine, ce mouvement rassemblait des gens sur quelques thèmes particuliers qui touchent une quantité hétérogène de camps politiques ; l’augmentation des dépenses gouvernementales passées de 67% à 97% du PIB depuis l’investiture du président Obama, contre 102% du PIB pour la dette fédérale belge, la contestation du renflouement des banques, la diminution des taxes et la protestation contre le PPACA, plus communément appelé « ObamaCare », qui contraint tous les citoyens à cotiser pour une assurance soins de santé publique ou privée. Aujourd’hui, ce mouvement devient assez fort pour placer des élus et contrer la politique gouvernementale en place.


Mais qui sont-ils ? On compte bien des versions de Tea Parties traduisant différentes tendances ; Nations, Patriots, Express,... Mais, selon le très sérieux CATO Institute, 60% des militants que l’on y trouve sont des libertariens contre 37% seulement de conservateurs. Ces 37% étant la branche la plus radicale des conservateurs qui reprochent au parti républicain de décaler l’axe gauche-droite dans le sens démocrate depuis ces 50 dernières années et qui souhaite un retour à des valeurs plus proches de l’ancienne génération conservatrice.

Néanmoins, 51% des Tea Partiers s’accordent avec les valeurs conservatrices traditionnelles et ces 51% sont le socle de la victoire républicaine.


S’il est évident que les 37% de conservateurs ont voté massivement pour le parti républicain, il faut voir que les libertariens sont bien plus hétérogènes. En effet, les plus modérés sont des disciples de Reagan qui pensent que le meilleur des gouvernements est le plus petit alors que les plus engagées sont des anarchistes appelés « anarcho-capitalists » en référence au fait qu’ils acceptent le marché libre comme émanant de la société civile et tant qu’il reste déconnecté de toute forme de pouvoir.

Le compromis entre les deux, bien que moins courant parmi ces militants, étant les « minarchists » favorables à un Etat régalien comparable, à peu près, à la Belgique lors de la période d’essor industriel wallon au XIXe siècle.

Ce dernier courant relègue les activités de l’Etat à la garantie de l’intégrité, de la propriété et des libertés des citoyens en défendant, notamment, un Etat qui n’interfère pas dans l’immigration, les salaires, le travail, l’économie, la mise sur le marché, la construction, la consommation de produits psycho-actifs, la vie privée et le commerce, entre autres, à condition que, pour ce dernier point, le contrat tacite ou explicite entre le vendeur et l’acheteur soit respecté. Les anarcho-capitalists défendent les-mêmes valeurs mais ne s’embarrassent pas à délimiter le pouvoir de l’Etat vu qu’ils ne considèrent que l’axe de non-agression qui prévaut les individus contre les tromperies, abus, agressions, vols et actions coercitives à l’aide d’une police et d’une justice privée.

Les plus modérés étant assez proches des conservateurs, on trouvera chez certains et malgré de nombreuses convictions communes sur les libertés civiles, quelques idées conservatrices comme la restriction de l’immigration, l’opposition à l’avortement, à la masturbation, l’imposition sur le travail, le soutien aux taxes sur les produits importés, etc.


Bref, vous l’aurez compris, les libertariens sont des opposants au pouvoir car, selon eux, il est contraignant, nie la primauté de l’individu, ne laisse à personne le choix d’adhérer ou non aux règles et lois du gouvernement et ne se voit offrir aucune alternative plus adaptée aux attentes des gens ou à leur mode de vie. Selon le degré de rejet de celui-ci, ils sont soit favorables à sa réduction soit favorables à sa suppression. Ce dernier cas est repris exclusivement par les anarcho-capitalists qui ne reconnaissent aucune légitimité aux décisions de la collectivité, tant que l’individu, sa propriété ou ses libertés ne sont pas menacées.


Pour exprimer leur position difficile à concevoir et mêlée de liberté économique, de liberté civile et de rejet du gouvernement sous toutes ses formes et pour toutes ses actions, les libertariens américains utilisent souvent une phrase passe-partout mais relativement claire; « A qui appartenez-vous? »

Si les plus modérés ne sont pas des conservateurs mais soutiennent les valeurs conservatrices républicaines, c’est parce qu’ils possèdent des finalités communes bien que le conservateur raisonne en terme d’utilité et d’optimisation de la société alors que le libertarien raisonne en fonction de droits naturels et de libertés individuelles imprescriptibles.


Derrière ces militants, point de texans blancs analphabètes défilants le fusil à la main contre la présence d’un noir à la Maison Blanche, contrairement aux quelques cas singuliers qui furent mis sur le devant de la scène par les médias démocrates cherchant, comme les médias républicains, à discréditer l’autre camp dans cette campagne qui fut particulièrement sanglante. Mais à la place, une foule multiculturelle, souvent aisée et cultivée et qui, malgré sa moyenne d’âge de 40 ans, touche beaucoup de jeunes.


C’est ainsi que, loin devant le parti écologiste et le parti constitutionnel, le parti libertarien est le troisième parti le plus fort des USA mais pas encore assez pour briser le bipartisme. Dès lors, des personnages comme Ron Paul, initialement au parti libertarien, n’ont connu leur succès actuel qu’en passant au parti républicain qui leur offrait la possibilité d’être élu. Ce qu’ils ne pouvaient espérer en restant au parti libertarien. Son succès ayant d’ailleurs déteint sur son fils, Rand Paul, figure de proue des libertariens émergée des Tea Parties et qui obtint le premier poste de sénateur porté au pouvoir par les Tea Parties parmi une majorité de conservateurs.


A présent, la crainte de ces manifestants est que les conservateurs « nouvelle génération » retournent leur veste pour rejoindre les discours plus classiquement républicains de Sarah Palin et George W. Bush aidés de l’un ou l’autre prétexte pour décevoir cette foule avide de grands changements tels que la fin de la guerre, l’abolition du patriot act, la baisse des dépenses du gouvernement et de la fiscalité, la diminution de la taille de l’Etat et de ses codes de lois, etc, dont la plupart furent des promesses précédemment faites par Obama mais qui ne furent que de belles paroles.

 

Ecrit par El Mouhafidi Youness le 08/11/2010 à 09:32:36



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