Les parents soucieux de l’éducation de leur enfant ont du souci à se faire, à moins de trois mois des élections régionales. Les récentes déclarations de nos dirigeants politiques ne présagent aucun changement en profondeur sur le plan de l’enseignement.
Par la voix de sa présidente, le cdH revendique le portefeuille de l’enseignement au lendemain du scrutin, au nom de l’alternance idéologique. Outre que cette déclaration donne le diffus sentiment que les jeux sont joués d’avance, elle ne manquera pas, sans doute, d’inquiéter. En quoi un parti ayant apporté son soutien à la mise en place des décrets « inscriptions » et « mixité » peut-il se présenter comme le garant d’un renouveau du système ? La volte-face tardive de Madame Milquet, une fois avérés les échecs des décrets en question, cache mal une tentative piteuse de reprendre la main.
Ecolo, au moins, affiche plus clairement son programme : supprimer la concurrence entre les écoles. Les Verts francophones estiment qu’il faut encore revaloriser un enseignement technique et professionnel, qui figure déjà parmi les plus coûteux du monde. Parler de « responsabilisation collective des acteurs scolaires » alors que l’irresponsabilité est, depuis des années, clairement du côté politique, ne manque pas de piquant. En supprimant la nécessaire émulation entre les établissements scolaires pour tirer le niveau vers le haut, Ecolo va contribuer à davantage dévaloriser les diplômes.
Pendant que les partis en campagne peaufinent leurs programmes pour revaloriser l’école, les parents sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les filières parallèles pour assurer un avenir à leurs enfants. Selon le réseau Educadomo, une famille sur dix cherche de l’aide scolaire à l’extérieur, que ce soit auprès des écoles de devoirs ou des professeurs privés. Le voilà, le véritable signe de la déshérence de notre système d’éducation.
Liberté Chérie constate qu’à l’approche du scrutin régional, aucune formation politique n’est en mesure d’apporter de véritable réponse à ce problème qui touche au cœur de notre société.