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Nouvelle grève sauvage des TEC : à quand la privatisation ?

Liège. Les bus des TEC étaient à l’arrêt aujourd’hui. Une minorité « difficile » de chauffeurs, du fameux dépôt de Jemeppe, a en effet contraint ses collègues liégeois à l’inaction. Seuls des bus privés roulaient ce jour dans les rues de la Cité Ardente.

TEC en grèveLes traditionnelles conséquences de ce type de mouvement ont pu être observées. Une fois de plus, de nombreux usagers ont dû s’organiser en dernière minute, qui pour aller travailler, qui pour rejoindre l’école, qui pour rendre visite au médecin, qui pour aller dans les magasins, alors qu’ils comptaient sur les autobus publics pour ce faire. Une fois de plus, les chauffeurs qui voulaient exercer leur métier n’ont pu le faire sous la contrainte de voyous qui se veulent syndicalistes. Une fois de plus, le Ministre de tutelle a préféré parler plutôt qu’agir et affronter les grévistes : André Antoine a noté qu’un effort sans précédent avait été réalisé récemment en matière de matériel roulant et que la profession avait fait l’objet de toutes les attentions au niveau de sa sécurisation ; d’après le Ministre, ces conditions de travail largement améliorées sont confortées par une garantie d’emploi et une planification de carrière intéressante pour le personnel du TEC, qui peut quitter sa fonction dès 55 ans dans des conditions financières particulièrement favorables, parmi les meilleures dans la fonction publique.

Cette énième grève illustre, à sa façon, le mal wallon. Tout d’abord, les pouvoirs publics offrent une gestion calamiteuse d’un domaine d’activité que pourrait prendre en charge le secteur privé. Ensuite, et alors qu’ils poussent les individus à utiliser ce mode de transport, ces mêmes pouvoirs publics ne parviennent pas à faire respecter le contrat passé entre l’entreprise de transport et les abonnés à ses services. Enfin, le manque – et non l’excès – de libéralisme doit être relevé. Ainsi, les pouvoirs publics mettent en place un service public de transport (qui se veut « universel »). Ainsi, ce service public est quasi-monopolistique. Ainsi, le salaire des chauffeurs dépend d’une convention collective ayant force de loi. Ainsi, le droit de grève tel que reconnu en Belgique consiste à cesser de travailler sans risque aucun pour le gréviste. Ainsi, menacer et contraindre d’autres travailleurs n’engendre pas de sanction, pourvu que la coercition provienne de syndicats.

Quoi de plus normal, dans ces conditions, que des chauffeurs de bus souhaitent régulièrement obtenir des augmentations salariales en jouant sur les « protections » dont ils bénéficient ? Peu leur importe la qualité du service rendu ! Peu leur importe la paralysie qu’ils provoquent ! Peu leur importe la situation des honnêtes gens qui, outre le fait de devoir subir leur grève en tant que consommateurs, devront se priver pour financer les revalorisations salariales ! Égoïstement, ils ne pensent qu’à eux.

Dans un monde libéral, considérerait-on, comme Trotski, que « la meilleure place, pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, est le camp de concentration » ? Pas du tout : le droit de grève existerait toujours. Et serait équitable. D’un côté, l’employeur ne pourrait empêcher ses employés de faire grève. De l’autre côté, par le droit de grève, les travailleurs mettraient en jeu leur emploi dans l’entreprise. Quoi de plus logique ? En entrant en grève car estimant ne pas gagner suffisamment, ils émettent la menace suivante : « nous ne voulons pas vendre notre marchandise, qui est du travail, à tel prix ; nous en voulons un autre, et si vous refusez, nous allons rentrer dans nos foyers ou chercher de l’ouvrage ailleurs » (Bastiat). Deux options se présentent alors à l’employeur : soit céder aux revendications, soit les refuser et, en cas de prolongation du mouvement, remercier les grévistes.

Même sans modification du régime juridique actuel de la grève, une simple mise en concurrence du secteur des transports en commun permettrait aux chauffeurs de réaliser que les arrêts de travail leur sont plus nuisibles que bénéfiques. Si plusieurs entreprises privées se partageaient ce marché, moins de grèves le paralyseraient. Par conséquent, il va de l’intérêt des Wallons de réclamer la privatisation de ce secteur d’activités.

 

Ecrit par Olivier Defourny le 13/05/2009 à 18:52:00



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